Entreprises et associations

Les acteurs privés s’engagent dans l’action sociale : le début d’un partenariat solidaire avec le monde associatif ?

Les innovations dans le domaine de l’économie et de la finance ont, depuis les dernières années, un aspect social ou solidaire. Le (re)découverte d’une mission sociale, par les entreprises, répond soit à une nécessité d’image, soit à une réflexion critique de la recherche du profit pure après la crise de 2008. L’engagement du secteur privé dans le domaine social augmente la participation de chacun : employé, épargnant et aussi le monde associatif, dans la gestion des fonds.

Cet élargissement de l’engagement social, par les entreprises sociales ou par les particuliers qui font des dons, peut aider à bâtir une économie solidaire mais en même temps donne à certains acteurs plus de poids dans le choix des associations.

Défiscalisation et produits financiers solidaires : tout le monde devient-t-il un philanthrope ?

Les dons aux œuvres apparaissent toujours plus comme un efficace moyen de défiscaliser en évitant les restrictions des niches fiscales. Les réductions dont on profite (66% soit 75% pour certains OSBL) sont plus avantageuses pour les tranches d’imposition élevées. Afin de connaître les avantages dont vous pourriez bénéficier, contactez les experts de la gestion du patrimoine, tel que La finance Humaniste.

Par contre, certains produits financiers innovants, tels que ceux présentées au  Profit for non Profit Awards de Axylia, associent solutions d’épargne et de dépense au financement des associations :

  • Solutions d’épargne et de prévoyance: Livret « solidaire » tel que le Livret Agir du Crédit Coopératif qui verse moitié des intérêts à une association partenaire choisie par le souscripteur,[1] assurances vie voir le contrat Entraid’Epargne de la Carac : 1 % de chaque versement est  à une association partenaire préalablement choisie. [2]
  • Solutions de dépense: cartes bancaires (Société Générale et Crédit Agricole : pour chaque dépense des centimes sont versés pour des buts sociaux), monnaie alternative (ex. Tookets : utilisée pour payer clients/employés qui versent le montant aux associations de leur choix) [3]
  • Investissements financiers: fonds commun de placement : une partie de la performance annuelle est alloué à une association (ex. FCP Faim et Développement Équilibre de Ecofi Investissements, [4] Fair Trade Fund de ResponsAbility).[5]

Les produits financiers solidaires augmentent le montant de dons et assurent leur durabilité. Cette fidélisation des donateurs est fondée sur la capacité d’épargne des particuliers et les profits des entreprises : les particuliers qui ont plus d’épargne, et les entreprises qui ont des chiffres d’affaires plus élevés, peuvent aider d’avantage le monde associatif.

L’entrepreneuriat sociale bâtie une économie solidaire ?

Le défi de conjuguer la recherche du profit et l’action solidaire caractérise l’esprit des entreprises sociales qui intègrent de cette façon le but social dans le domaine économique. Certaines mènent des activités économiques qui répondent aux attentes de la société :

  • Phenix qui redonne vie aux déchets
  • U2 Guide qui promeut un tourisme durable en connectant guides et services locaux avec les touristes
  • Credit.fr qui, étant une plateforme de financement participatif, permet aux entreprises de mieux se financer en les connectant avec des investisseurs privés

Tandis qu’autres s’engagent à redistribuer une partie des profits aux associations :

  • Tinbox permet aux utilisateurs de donner 1€ (financé par une entreprise mécène) à une association de leur choix
  • Lilo qui réinvestit 50% de gains publicitaires dans des projets environnementaux et sociaux
  • Funds for Good: soutenu par des sociétés de gestion, ils octroient des prêts aux aspirants entrepreneurs.

Dans le premier cas, l’activité économique modifie l’économie en sens solidaire, dans le deuxième cas, la redistribution des profits est établie comme un acte essentiel afin de financer les services dont la société a besoin et qui ne sont pas fournis par le marché. Le nombre toujours croissant des entreprises sociales constate la possibilité d’ancrer la solidarité même dans les échanges économiques.

Le défi de la démocratisation du financement des actions solidaires

Compte tenu de l’impact de l’entrepreneuriat social, la plupart des actions sociales continue à s’accomplir dans le cadre d’OSBL financées soit par l’Etat soit par le secteur privé. Comment donc démocratiser le financement des associations, afin que les actions menées par celles-ci réfléchissent les attentes de la population ?

Les produits financiers facilement accessibles, tel que le micro-don, ouvrent à tous la possibilité de financer les missions sociales qu’ils considèrent plus importantes. Par ailleurs, dans le cadre du mécénat d’entreprise, la redistribution des profits peut être définie par une consultation avec les employés et avec les représentants de la société civile locale afin de réaliser des actions utiles à la collectivité.

Par contre, les dons aux œuvres, dans une stratégie de défiscalisation, et même les produits de partage, n’ouvrent pas à une participation générale du public dans le choix des actions sociales à financer.

[1] https://www.credit-cooperatif.coop/particuliers/epargne-placements/epargne/livret-agir/avantages-livret-agir

[2] http://www.carac.fr/Epargne/Entraid-Epargne-Carac

[3] https://www.tookets.com/cooperative.html

[4] http://www.ecofi.fr/sites/default/files/fonds/FichProd_FR0007048327.pdf

[5] http://www.responsability.com/investing/en/750/First-global-Fair-Trade-fund-launched.htm?Article=19907

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